
C'est lundi. Une nouvelle journée qui entame une nouvelle semaine. La vie dite "active" qui reprend son cours après une journée de sommeil. Je n'en ferais pas partie, une fois de plus. Je regarde à travers la vitre le monde qui défile, s'agite. Sans moi. Je suis cloîtrée dans la prison que je me suis construite. Je n'existe plus, aux yeux du monde. Il ne me voit pas. Mais de mon côté, je ne peux m'empêcher d'y accrocher mon regard. Je n'ai pas dormi, encore. J'observe le soleil se lever, lentement. Les gens se lèvent avec lui. Nouvelle semaine qui commence. Métro. Boulot. Dodo. Je n'existe plus pour le monde. Tant mieux, au fond. Non, ce n'est pas mieux. C'est simplement moins pire. Les gens vont aller travailler, déjeuner entre amis, se raconter leur week-end. Pour moi, ces deux jours ont été tellement semblables aux autres. D'un identique déconcertant. Qu'ai-je donc à raconter ? Rien. Et à qui donc ? Personne. Peut-être est-ce mieux que d'échanger d'insipides anecdotes avec d'autres gens que nous ne fréquentons que par soucis de sociabilité, d'intégration. Peut-être. Le soleil continue de grimper dans le ciel, j'observe par la vitre. Les enfants, leurs cartables sur le dos s'agrippent aux mains de leurs mamans, qui les guident jusqu'à l'école primaire, au bout de la rue. J'écrase ma cigarette au fond d'un cendrier imaginaire. Le bois du meuble sera abimé. Tant pis. Est-ce donc préférable de vivre en dehors de ce monde ? Les illusions ne sont-elles pas salvatrices ? C'est vrai, quoi. Il me suffit de jeter un regard à tout ces gens que je trouve asservis, enchainés, dominés par cette société écœurante, ils ont l'air tellement heureux. Ce n'est qu'une satisfaction illusoire, de faux espoirs. Mais quand bien même. A les regarder sourire, je me surprends à les envier. Ce tas de cons méprisables. J'envie la simplicité de leur soit-disant bonheur.















